✦ En bref
- 16 semaines pour un premier enfant (6 avant, 10 après), 26 à partir de deux enfants à charge, 34 pour des jumeaux, 46 pour des triplés.
- Le minimum non négociable : « cesser de travailler au moins 8 semaines dont 6 après l’accouchement ».
- Le début peut être avancé (2 ou 4 semaines selon les cas) ou reporté de 3 semaines maximum, sur prescription.
- Un arrêt de travail pendant la période de report annule le report.
- L’indemnité est calculée sur les 3 derniers salaires, moins 21 % — 104,02 € par jour au maximum au 1er janvier 2026.
- L’attestation de salaire, c’est l’employeur qui l’établit — pas toi.
- Depuis le 1er juillet 2026, un second congé peut prendre la suite : le congé supplémentaire de naissance, 1 ou 2 mois indemnisés à 70 % puis 60 % du salaire net.
La durée du congé maternité n’est pas « quatre mois » : elle est de 16, 26, 34 ou 46 semaines selon la situation familiale, réparties avant et après l’accouchement — et une partie de cette répartition ne se négocie pas. Voici les durées, ce qu’on peut décaler, combien on touche et qui fait quoi dans les démarches.
Les duréesCombien de temps dure le congé maternité ?
La durée dépend du nombre d’enfants déjà à charge et du nombre d’enfants attendus. Elle se compte en semaines, réparties de part et d’autre de l’accouchement : une période prénatale et une période postnatale, toujours plus longue — sauf pour les triplés.
Et au milieu de tout cela, un noyau qui ne bouge jamais : « vous devez obligatoirement cesser de travailler au moins 8 semaines dont 6 après l’accouchement », et « il est strictement interdit d’y renoncer totalement ».
Dans les quatre cas « Vous devez obligatoirement cesser de travailler au moins 8 semaines dont 6 après l’accouchement », et « il est strictement interdit d’y renoncer totalement ». C’est la zone hachurée, elle ne bouge jamais.
Les datesQuand il commence, et ce qu’on peut décaler
Le congé prénatal peut être avancé : « de 2 semaines maximum » à partir de deux enfants déjà à charge, « de 4 semaines maximum » pour des jumeaux. La période postnatale est alors réduite d’autant.
À l’inverse, il peut être reporté : « 3 semaines maximum » du prénatal peuvent basculer après l’accouchement, sur prescription du médecin ou de la sage-femme. Avec un piège à connaître : « si votre médecin vous prescrit un arrêt de travail pendant la période de report, le report est annulé ». C’est le cas si un arrêt est nécessaire pour des vomissements sévères, une situation traitée dans les nausées de grossesse.
Deux situations se règlent d’office. En cas d’accouchement prématuré, la partie de prénatal non prise « est automatiquement reporté sur la période postnatale ». Et si le bébé arrive après la date prévue, « le congé prénatal est prolongé jusqu’à la date effective de votre accouchement, sans que le congé postnatal ne soit réduit ». Dans les deux cas, mieux vaut que la valise de maternité soit prête avant le début du congé.

Les statutsSalariée, indépendante, sans emploi : ce qui change
Les durées légales sont les mêmes pour tout le monde. Ce qui change, c’est la nature de ce que tu perçois et les conditions pour y avoir droit : une salariée touche des indemnités journalières calculées sur ses salaires, une travailleuse indépendante perçoit une allocation forfaitaire doublée d’une indemnité journalière forfaitaire, et une femme sans emploi relève du maintien de droits.
Des indemnités journalières
- La condition Six mois d’affiliation à la date présumée de l’accouchement — c’était dix mois avant le 20 août 2023. À défaut, 150 heures travaillées sur trois mois peuvent suffire.
- Le calcul Sur « les salaires des 3 mois qui précèdent », dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, moins un abattement forfaitaire de 21 %.
- Le maximum 104,02 € par jour au 1er janvier 2026. Versement « en moyenne tous les 14 jours ».
Un forfait, pas un pourcentage
- L’allocation de repos maternel 4 005 € au 1er janvier 2026, « versée pour moitié au début du congé et pour moitié à la fin de la période obligatoire de cessation d’activité de 8 semaines ».
- L’indemnité journalière Forfaitaire elle aussi : jusqu’à 65,84 € par jour au 1er janvier 2026.
- L’arrêt minimum « Vous devez interrompre temporairement votre activité professionnelle pendant au moins 8 semaines (56 jours) dont 6 après l’accouchement (42 jours) » — sinon, rien n’est versé.
- À savoir Si le revenu annuel moyen est inférieur à 4 582,00 €, les deux montants tombent à un dixième. Et les professions libérales réglementées relèvent de leur propre caisse : ces montants ne les concernent pas.
Le maintien de droits
- Qui y a droit Celles qui perçoivent « une allocation chômage de France Travail » ; celles qui « en ont perçu une au cours des 12 derniers mois » ; celles qui ont « cessé leur activité salariée depuis moins de 12 mois ».
- Le calcul Il regarde en arrière : « c’est l’activité professionnelle antérieure à votre indemnisation chômage ou à votre cessation d’activité qui détermine les règles d’attribution et le calcul ». Même plafond, même abattement de 21 %.
- Le point à connaître Les indemnités maternité « entraînent la suspension du versement de votre allocation chômage, ce qui reporte d’autant la durée de vos droits ». Rien n’est perdu, tout est décalé.
Les indemnitésCombien on touche pendant le congé maternité
Pour une salariée, la condition d’ouverture est de six mois d’affiliation à la date présumée de l’accouchement — c’était dix mois avant le 20 août 2023. À défaut, un volume d’heures travaillées peut suffire : 150 heures sur les trois derniers mois, ou 600 heures sur l’année.
Le calcul se fait ensuite sur « les salaires des 3 mois qui précèdent » le congé, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale — 4 005,00 € au 1er janvier 2026 — puis diminué d’un abattement forfaitaire de 21 % au titre des cotisations. Résultat : l’indemnité journalière maximale s’établit à 104,02 € par jour au 1er janvier 2026.
Le versement intervient « en moyenne tous les 14 jours ». Si ta convention collective prévoit un maintien de salaire, l’employeur perçoit directement les indemnités : c’est la subrogation, et tu ne vois rien passer sur ton compte.
Les démarchesCe qu’il y a à faire, et par qui
Il n’y a pas de délai légal pour annoncer une grossesse à son employeur. En revanche, le congé se notifie : par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé, avec un certificat médical et les dates de début et de fin. Le reste ne t’appartient pas.
Quatre gestes, deux acteurs
0/4La suiteLe congé supplémentaire de naissance
Ton congé maternité, lui, ne change pas. Mais depuis le 1er juillet 2026, un second congé peut le prolonger : le congé supplémentaire de naissance. Ce sont bien deux congés distincts — celui-ci ne démarre qu’une fois ton congé maternité pris en intégralité, et il se demande à part.
Il concerne chaque parent d’un enfant né ou arrivé au foyer à partir du 1er janvier 2026. Tu choisis 1 ou 2 mois, d’un bloc ou en deux périodes d’un mois non consécutives. L’Assurance Maladie verse 70 % du salaire net le 1er mois, 60 % le 2e, dans la limite de 4 005 € brut par mois — soit 72,81 € puis 62,41 € d’indemnité journalière au maximum.
Côté démarche, tu préviens ton employeur au plus tard un mois avant la date de début souhaitée, par lettre recommandée avec accusé de réception — et l’Assurance Maladie précise que « l’employeur ne peut pas refuser le congé ». Restent les conditions d’ouverture de droit : 6 mois d’affiliation, et 150 heures travaillées sur les 3 derniers mois ou une cotisation sur 1 015 fois le SMIC horaire sur 6 mois.
Un délai à ne pas laisser passer : le congé doit avoir débuté dans les 9 mois qui suivent la naissance. Pour les enfants nés avant l’entrée en vigueur du dispositif, la date butoir est le 31 mars 2027. Attention, les sources ne se recoupent pas sur le périmètre exact de ce régime transitoire : ameli vise les naissances du 1er janvier au 30 juin 2026, quand le Code du travail numérique écrit « du 1er janvier au 31 mai ».
?FAQ
Les questions qu’on se pose
16 semaines pour un premier enfant ou avec un enfant déjà à charge (6 avant, 10 après), 26 semaines à partir de deux enfants à charge, 34 semaines pour des jumeaux et 46 semaines pour des triplés ou plus.
Pas totalement : « vous devez obligatoirement cesser de travailler au moins 8 semaines dont 6 après l’accouchement », et « il est strictement interdit d’y renoncer totalement ». Au-delà de ce minimum, un report de 3 semaines du prénatal vers le postnatal est possible sur prescription.
Sur les salaires des trois mois qui précèdent le congé, plafonnés au plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005,00 € au 1er janvier 2026), diminués d’un abattement forfaitaire de 21 %. L’indemnité journalière maximale est de 104,02 € au 1er janvier 2026.
La partie du congé prénatal non utilisée est automatiquement reportée sur la période postnatale : la durée totale du congé n’est pas réduite.
Sources
- Assurance Maladie — La durée du congé maternité d’une salariée
- Assurance Maladie — Congé maternité : les indemnités journalières pour les salariées
- Assurance Maladie — Les prestations maternité des travailleuses indépendantes
- Assurance Maladie — La durée du congé maternité d’une travailleuse indépendante
- service-public.gouv.fr — Congé de maternité d’une salariée du secteur privé
- Assurance Maladie — Congé supplémentaire de naissance
- Assurance Maladie — Congé supplémentaire de naissance : vos indemnités journalières
- Code du travail numérique — Congé supplémentaire de naissance : ce qui change au 1ererer juillet 2026

