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Nausées de grossesse : combien de temps et que faire ?

07/09/2026 12 min de lecture Grossesse

✦ En bref

  • Ce ne sont pas de « petits maux ». L’Assurance Maladie écrit que l’expression est employée « à tort » : les nausées sont ressenties comme invalidantes chez 35 % des femmes.
  • Elles concernent 50 à 90 % des femmes enceintes, débutent vers 6 SA, sont maximales vers 9 SA et s’estompent vers 12 SA — le mot compte.
  • Il existe un questionnaire officiel en trois questions pour savoir s’il faut attendre son prochain rendez-vous ou non. Il est plus bas dans l’article.
  • Aucune cause n’est établie. ameli liste des facteurs possibles et précise qu’« aucun » n’a été « significativement identifié ».
  • Un traitement existe et se prescrit. En revanche l’aromathérapie est contre-indiquée pendant la grossesse, et la vitamine B6 comme l’acupression n’ont pas démontré d’efficacité.
  • Dans moins de 4 % des cas, c’est une hyperémèse gravidique — une forme sévère qui a un nom, des critères et une prise en charge.

Les nausées de grossesse commencent plus tôt qu’on ne le croit, et ne s’arrêtent pas toujours à douze semaines. Voilà ce que disent les sources publiques françaises : quand elles commencent, combien de temps elles durent, ce qui les soulage vraiment — et surtout à partir de quand il ne faut plus attendre. L’un des premiers signes de grossesse, et l’un des plus mal expliqués.

Les causesPourquoi a‑t-on des nausées pendant la grossesse ?

La réponse est frustrante : on ne sait pas. L’Assurance Maladie intitule son passage « des causes mal identifiées », écrit que l’origine « est mal connue et probablement multifactorielle », puis précise que parmi les facteurs évoqués — prédisposition génétique, antécédent, grossesse multiple, variations hormonales — « aucun » n’a été « significativement identifié ». Personne ne peut te dire pourquoi toi.

Ce qu’on sait, c’est que ce n’est pas rien : 50 à 90 % des femmes enceintes seraient concernées, et ameli corrige l’expression que tu entendras partout — « Nausées et vomissements sont souvent appelés à tort “petits maux de la grossesse” alors qu’ils sont ressentis comme invalidants chez 35 % des femmes. » Une femme sur trois.

Le calendrierQuand elles commencent, combien de temps elles durent

Les quatre bornes ci-dessous sont celles de l’Assurance Maladie — et la troisième contient le mot que les articles de grossesse escamotent presque toujours.

En semaines d’aménorrhée

Le calendrier des nausées

Quatre repères, et un mot à ne pas lire trop vite : « vers ».

  1. Vers 6 SA Ça commence Les nausées et les vomissements « débutent vers la 6e semaine d’aménorrhée ». Souvent avant même que tu aies vu quelqu’un pour ta grossesse.
  2. Vers 9 SA Le pic C’est là qu’ils sont « maximaux ». Si tu te demandes si tu as passé le plus dur : statistiquement, c’est cette semaine-là.
  3. Vers 12 SA Ça s’estompe — vers Ils « s’estompent pour disparaître vers la 12e semaine ». Ce n’est pas une date de fin, c’est une tendance : beaucoup de femmes vont un peu au-delà, et ne sont en retard sur rien.
  4. Au-delà de 20 SA Rare, mais ça existe « Dans de rares cas, ils persistent au-delà de 20 SA. » C’est écrit noir sur blanc par l’Assurance Maladie : si c’est ton cas, tu n’es pas hors norme.

Le repèreNausées de grossesse : quand consulter ?

Il existe un outil officiel pour y répondre. L’Assurance Maladie met à disposition un questionnaire en trois questions — la durée des nausées, le nombre de vomissements, le nombre de haut-le-cœur — repris ci-dessous dans sa formulation d’origine. Il ne pose aucun diagnostic : il te dit seulement si ta situation justifie de ne pas attendre ta prochaine consultation.

Le questionnaire de l’Assurance Maladie

Où en sont tes nausées ?

Réponds en pensant à une journée moyenne, pas à ta pire journée ni à ta meilleure.

    Réponds aux trois questions pour voir la conduite recommandée.

    Et dans tous les cas, consulte rapidement si
    1. tu perds du poids ;
    2. tu as des signes de déshydratation — bouche sèche, soif importante — et tu ne parviens pas à boire suffisamment ;
    3. tu as d’autres symptômes : fatigue, fièvre, etc.

    Ce que ton médecin va regarder. « L’importance et la fréquence », « le retentissement sur votre vie quotidienne », puis la tension, le pouls, la température et une bandelette urinaire. Noter ce que tu ressens sur quelques jours avant d’y aller fait gagner du temps.

    Le quotidienQue faire contre les nausées, au jour le jour

    Côté assiette, la première consigne d’ameli est plus large qu’on ne le croit : « mangez les aliments dont vous avez envie », sous réserve qu’ils ne te soient pas interdits par ton médecin. Ensuite : éviter « épicé, gras ou frit », réduire le thé et le café, et surtout ne pas rester trop longtemps sans manger — à ne pas confondre avec les aliments réellement déconseillés pendant la grossesse, qui relèvent d’une autre logique — « le jeun aggrave souvent les nausées ». D’où la suite : manger « plus souvent, mais en plus petites quantités », et boire suffisamment d’eau, surtout si tu vomis.

    Illustration à plat de trois petits bols identiques : contre les nausées de grossesse, manger plus souvent en plus petites quantités.
    Plus souvent, en plus petites quantités : le repère d’alimentation qui revient partout

    Le reste ne parle pas d’alimentation, et c’est ce qui le rend utile : se lever lentement, pour éviter la baisse de tension et les haut-le-cœur ; ouvrir les fenêtres ou allumer la hotte pour évacuer les odeurs ; prendre l’air et ne pas avoir trop chaud ; éviter les déclencheurs, « certains bruits, éclairages, odeurs, parfums, goûts » ; porter des vêtements souples, pas serrés à la taille. Et deux permissions que personne ne s’accorde : faire des siestes, et « prendre quelques jours de congés si nécessaire ».

    Les traitementsQuel traitement, et ce qui ne marche pas

    Entre « ça marche » et « c’est dangereux », il existe une troisième case où tombe une bonne partie de ce qu’on te conseillera : non démontré. Ni interdit, ni prouvé. Confondre les trois est ce qui fait le plus de dégâts ici : d’un côté on culpabilise de ne pas être soulagée par un bracelet, de l’autre on utilise des huiles essentielles formellement déconseillées.

    Ce qui se prescrit, ce qui n’est pas démontré, ce qui est contre-indiqué

    Trois statuts, et pas deux

    Change d’onglet. Le troisième est celui qu’on lit le moins et qui compte le plus.

      La forme sévèreL’hyperémèse gravidique, quand les vomissements s’aggravent

      Dans « moins de 4 % des cas, environ », les vomissements sont « graves car importants et répétés » : c’est l’hyperémèse gravidique. Sa définition est précise — des nausées et vomissements accompagnés d’au moins un de ces trois éléments : une perte de poids de 5 % ou plus, des signes de déshydratation, ou un score de gravité supérieur ou égal à 7. À partir de 10 % de perte de poids, l’hospitalisation s’envisage, avec réhydratation par perfusion et vitamines B1 et B6.

      Savoir que ça porte un nom change deux choses. La première, c’est qu’on ne te demandera pas de tenir : il y a une prise en charge. La seconde tient à une phrase d’ameli qu’il faut lire dans le bon sens : « Un soutien psychologique vous est proposé car les vomissements importants induisent stress, perte de confiance en soi, isolement, anxiété, voire symptômes dépressifs. » Le « car » fait tout : ce soutien répond à ce que la maladie fait vivre, pas à une cause qui serait dans la tête.

      Et si les nausées t’empêchent de travailler, il existe un recours peu connu : une fois ta grossesse déclarée, ton médecin peut prescrire un congé pathologique prénatal, en une ou plusieurs fois, « dans la limite de 2 semaines maximum ». C’est lui qui juge — mais ça vaut la peine d’en parler plutôt que de s’épuiser.

      Sources

      1. ameli.fr (Assurance Maladie)Nausées et vomissements pendant la grossesse : symptômes et causes. « Souvent appelés à tort “petits maux de la grossesse” », « invalidants chez 35 % des femmes » ; « 50 à 90 % des femmes enceintes seraient concernées » ; début vers 6 SA, maximum vers la 9e semaine, disparition « vers la 12e semaine », persistance au-delà de 20 SA dans de rares cas ; « des causes mal identifiées » et « aucun des facteurs suivants n’a été significativement identifié » ; définition de l’hyperémèse gravidique et « moins de 4 % des cas ».
      2. ameli.fr (Assurance Maladie)Nausées et vomissements pendant la grossesse : que faire ? Le questionnaire d’autoévaluation en trois questions et ses paliers ; les conseils d’alimentation et les mesures du quotidien ; « Ne prenez aucun médicament sans avis médical » ; « N’ayez pas recours aux huiles essentielles durant votre grossesse » ; gingembre en capsules de 250 mg réservé aux formes peu sévères ; les situations imposant de consulter rapidement, et l’urgence à partir de 13.
      3. ameli.fr (Assurance Maladie)Nausées et vomissements : consultation, traitements et suivi. Déroulement de la consultation (importance, fréquence, retentissement, tension, pouls, température, bandelette urinaire) ; l’association doxylamine et pyridoxine en priorité, les autres molécules possibles, « ces médicaments ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie » ; hospitalisation à partir de 10 % de perte de poids ; réhydratation par perfusion avec vitamines B1 et B6 ; « un soutien psychologique vous est proposé car les vomissements importants induisent stress, perte de confiance en soi, isolement, anxiété, voire symptômes dépressifs ».
      4. ameli.fr (Assurance Maladie)La durée du congé maternité d’une salariée. Congé pathologique prénatal prescrit par le médecin « dès lors que vous avez déclaré votre grossesse », « en une fois ou en plusieurs fois, mais dans la limite de 2 semaines maximum », non reportable sur la période postnatale.
      5. CNGOF (Collège national des gynécologues et obstétriciens français)Prise en charge des nausées et vomissements gravidiques et de l’hyperémèse gravidique, Consensus Formalisé d’Experts, 2022. Le traitement de première intention est « le seul traitement qui a été évalué contre placebo » ; aucune supériorité d’efficacité démontrée entre les molécules ; l’amélioration des symptômes après prescription de vitamine B6 « n’est pas démontrée » ; le collège « propose d’offrir la possibilité d’un soutien psychologique à toutes les patientes » atteintes de la forme sévère.
      6. Manuels MSD, édition françaiseNausées et vomissements en début de grossesse. À noter : cette source situe la disparition des symptômes plus tard que l’Assurance Maladie. Les bornes retenues dans cet article sont celles d’ameli.

      ?FAQ

      Les questions qu’on se pose

      C’est l’inquiétude la plus répandue sur le sujet, et la réponse honnête est qu’on ne peut rien en déduire. Aucune source française de référence ne rattache la présence ni l’absence de nausées à l’évolution d’une grossesse — ni ameli, ni le collège des gynécologues, ni la Haute Autorité de santé. Ce silence n’est pas un oubli : il signifie qu’il n’y a pas de lien établi à publier, dans un sens comme dans l’autre. Entre 10 et 50 % des femmes enceintes n’ont pas de nausées du tout, et ce qui suit une grossesse, ce sont les rendez-vous et les échographies — pas les symptômes du premier trimestre.

      Non, et la formulation d’ameli est très claire là-dessus. La grossesse multiple figure bien dans la liste des facteurs évoqués, aux côtés de la prédisposition génétique, d’un antécédent, d’un indice de masse corporelle faible ou des variations hormonales — mais la phrase qui accompagne cette liste précise qu’« aucun des facteurs suivants n’a été significativement identifié ». Et même si le lien existait, il ne se lirait pas à l’envers : l’intensité de tes nausées ne dit rien du nombre de bébés. C’est l’échographie du premier trimestre qui le dira.

      Non, et c’est une question qui mérite d’être posée franchement parce qu’elle est encore parfois insinuée. ameli intitule son passage « des causes mal identifiées » et écrit que l’origine « est mal connue et probablement multifactorielle ». Aucune source de référence française ne retient de cause psychologique. Quand un soutien psychologique est proposé dans les formes sévères, c’est explicitement à cause du retentissement : les vomissements importants « induisent stress, perte de confiance en soi, isolement, anxiété, voire symptômes dépressifs ». La conséquence, pas la cause.

      Un antécédent d’hyperémèse gravidique fait partie des facteurs évoqués par ameli — mais, là encore, avec la même réserve : aucun de ces facteurs « n’a été significativement identifié ». Personne ne peut donc te donner de probabilité. Ce que ça change concrètement, en revanche, c’est utile : signale-le dès ta déclaration de grossesse, sans attendre les premiers symptômes. Le suivi et la prise en charge sont d’autant plus efficaces qu’ils sont anticipés, et tu n’auras pas à convaincre qui que ce soit de la réalité de ce que tu vis.