✦ En bref
- ameli conseille « environ 12 kg (entre 9 et 15 kg) » — une seule fourchette, pour toutes les corpulences.
- Le tableau par IMC (12,5–18 · 11,5–16 · 7–11,5 · 5–9 kg) n’est pas une recommandation française.
- Plus l’IMC de départ est élevé, plus la fourchette conseillée est basse.
- Pour des jumeaux, ameli ajoute « 3 à 4 kg » à la fourchette.
- Aucune source officielle ne publie de courbe mois par mois — c’est pourtant la deuxième chose que l’on cherche.
- Le poids est relevé à chaque consultation mensuelle, sans seuil qui déclencherait quoi que ce soit.
« Combien de kilos ? » n’a pas une réponse mais deux, et elles ne viennent pas du même endroit : la prise de poids pendant la grossesse est fixée à « environ 12 kg » par l’Assurance Maladie, quand les tableaux qui circulent partout en donnent quatre selon l’IMC d’avant la grossesse. Voici les deux repères, d’où ils viennent, ce qu’ils ne disent pas, et à partir de quand une prise de poids mérite d’être évoquée en consultation.
Le repèreCombien de kilos prend-on pendant la grossesse ?
La réponse française est courte : « on conseille une prise de poids d’environ 12 kg (entre 9 et 15 kg) », et « si vous attendez des jumeaux, la prise de poids supplémentaire est de 3 à 4 kg ». Une seule fourchette, sans distinction de corpulence.
Le tableau à quatre entrées, lui, part de l’indice de masse corporelle d’avant la grossesse. Il montre une chose que la fourchette unique masque : plus on part d’un IMC élevé, plus la prise de poids conseillée est basse. Les quatre plages ci-dessous se lisent l’une après l’autre — il n’y a rien à saisir, rien à calculer.
Les deux repèresPourquoi les chiffres ne sont pas les mêmes d’une source à l’autre
Ce tableau par IMC est partout, et presque jamais sourcé. Il vient des lignes directrices de l’Institute of Medicine américain, publiées en 2009 et reprises par le collège américain des gynécologues-obstétriciens ; en français, c’est le Manuel MSD qui les publie.
Aucune source officielle française ne le reproduit. ameli se contente d’écrire qu’« une prise de poids adaptée à votre indice de masse corporelle (IMC) est définie dès le début de votre grossesse en concertation avec le médecin » — sans donner de chiffre. Ce n’est pas un oubli : c’est un choix.
Ce qu’écrit ameli
« On conseille une prise de poids d’environ 12 kg (entre 9 et 15 kg) »
Une seule fourchette, pour toutes les corpulences. Et sur sa page consacrée au surpoids, ameli ajoute qu’une prise de poids adaptée à l’IMC « est définie dès le début de votre grossesse en concertation avec le médecin » — sans donner aucun chiffre.
Ce qu’écrit le Manuel MSD
Quatre fourchettes selon l’IMC d’avant la grossesse, de 12,5 → 18 kg à 5 → 9 kg
Un tableau précis — mais il vient des lignes directrices de l’Institute of Medicine (2009), reprises par l’ACOG. Ce n’est pas une recommandation française, et aucune source officielle française ne le republie.
Ce que l’écart t’apprend
Les deux ne se contredisent pas : le repère français est volontairement large parce qu’il n’est pas fait pour être appliqué seul — ameli renvoie explicitement à la consultation pour le préciser. Le tableau par IMC fait, lui, le travail que la source française laisse au médecin ou à la sage-femme. Aucun des deux ne se lit comme un objectif à tenir.
Le calendrierPrise de poids mois par mois : ce qu’aucune source officielle ne donne
C’est la deuxième requête du sujet, et il faut le dire franchement : la courbe mois par mois n’existe pas côté ameli, Haute Autorité de santé ou Santé publique France. Les tableaux « mois 1 : +1 kg, mois 2 : +1 kg » que l’on trouve en ligne ne s’appuient sur aucune recommandation.
Ce qui est sourçable est qualitatif : la prise de poids « va être progressive, mais plus importante au dernier trimestre ». mpedia ajoute un seul chiffre intermédiaire — « le 2e trimestre, vous pouvez prendre en moyenne 4–5 kg » — et reste muet sur le troisième.
Ce vide a une raison. Une prise de poids ne se lit pas d’un mois sur l’autre : elle se lit sur toute la grossesse, et c’est pour cela qu’elle est relevée à chaque consultation mensuelle sans qu’aucun seuil ne déclenche quoi que ce soit.

Le mouvementManger plus, bouger : ce qui change vraiment
Sur l’alimentation, le message officiel est constant : « sachez que vous n’avez pas à manger deux fois plus pendant votre grossesse », et surtout « vous ne devez donc surtout pas restreindre votre alimentation, sous peine de carences alimentaires graves ». Aucune source française ne chiffre de calories supplémentaires : l’enjeu est la qualité, pas la quantité — et c’est le sujet l’alimentation pendant la grossesse.
L’activité physique, en revanche, est encadrée précisément, avec une liste de ce qui est recommandé et de ce qui est déconseillé.
Déconseillé pendant toute la grossesse
- « les activités à haut risque de chute (équitation, ski alpin, etc.) »
- « les sports collectifs avec contacts physiques marqués et les sports de combat (arts martiaux) »
- « la plongée sous-marine vu le risque d’accident de décompression pour le fœtus »
- Le vélo non stationnaire et la randonnée en terrain accidenté, « à éviter à partir du 4–6e mois »
- Les positions allongées sur le dos à partir de la 24e semaine, la station debout prolongée, la chaleur et l’humidité, l’altitude
Recommandé, et dans quel cadre
- « la marche ; la natation et l’aquagym ; le vélo stationnaire ; des activités physiques à faible impact »
- « au moins 150 à 180 minutes d’activité physique par semaine, réparties en plusieurs séances »
- « sans dépasser 60 à 90 minutes par session »
- Une autre page d’ameli écrit « 2 à 3 heures par semaine, répartie sur un minimum de 3 jours » : les deux formulations ne partent pas du même plancher
Le recoursPrise de poids trop rapide ou trop lente : à qui en parler ?
Les deux écarts sont documentés, et dans les mêmes termes. « Une prise de poids trop importante est associée à un risque de naissance d’un gros bébé (macrosomie) et de surpoids de l’enfant ultérieurement » ; à l’inverse, « une prise de poids inférieure aux recommandations est également associée à une augmentation du risque de faible poids de naissance et d’accouchement prématuré ».
L’interlocuteur est celui qui assure déjà le suivi : médecin généraliste ou sage-femme, et gynécologue-obstétricien si la situation le demande. Deux rendez-vous existent pour en parler sans attendre la consultation suivante : l’entretien prénatal précoce, obligatoire, et le bilan prénatal de prévention, facultatif, réalisé par une sage-femme.
Et si les kilos ne bougent pas au premier trimestre parce que rien ne passe, ce n’est pas un problème de poids : c’est celui les nausées de grossesse.
?FAQ
Les questions qu’on se pose
L’Assurance Maladie conseille « environ 12 kg (entre 9 et 15 kg) » sur toute la grossesse, toutes corpulences confondues, avec 3 à 4 kg supplémentaires en cas de jumeaux. Les fourchettes par IMC, plus fines, viennent d’une recommandation américaine.
Non, aucune source officielle française n’en publie. Le seul repère disponible est qualitatif : la prise de poids est progressive et plus importante au dernier trimestre.
Non : « vous n’avez pas à manger deux fois plus pendant votre grossesse ». Il ne faut pas non plus restreindre son alimentation, sous peine de carences. Aucune source officielle française ne donne de nombre de calories supplémentaires.
Les activités les plus recommandées sont « la marche ; la natation et l’aquagym ; le vélo stationnaire ; des activités physiques à faible impact », à raison d’au moins 150 à 180 minutes par semaine sans dépasser 60 à 90 minutes par séance.
Sources
- Assurance Maladie — Grossesse : quelle prise de poids ?
- Assurance Maladie — Surpoids, obésité et suivi de la grossesse
- Assurance Maladie — Bien choisir son activité physique pendant la grossesse
- Assurance Maladie — Enceinte et active : les précautions à prendre
- Manuels MSD — table « Prise de poids pendant la grossesse » (d’après Institute of Medicine, 2009)
- mangerbouger.fr / Santé publique France — Gérer son appétit et la prise de poids
- mpedia (Association française de pédiatrie ambulatoire) — L’alimentation pendant la grossesse

