Les colères du jeune enfant

- Pourquoi ces colères : jusqu’à 3 ou 4 ans, le cerveau d’un enfant n’est pas assez mature pour se calmer seul : Santé publique France situe cette capacité vers 5 ou 6 ans.
- Il ne cherche pas à te manipuler — c’est écrit noir sur blanc dans les contenus officiels.
- Pendant la crise, la seule conduite officielle française propose le contact : « on lui propose un câlin, on le prend dans nos bras ».
- Le laisser pleurer et se calmer seul est explicitement déconseillé. La seule personne qui s’isole, c’est le parent, s’il sent monter la violence.
- Depuis 2019, le Code civil dit que l’autorité parentale s’exerce sans violences. La loi n’a créé aucune sanction nouvelle.
- Aucune source française ne publie de seuil (« au-delà de X minutes ») : si tu t’inquiètes, c’est ton médecin, la PMI ou le CMP.
Il s’est jeté par terre au milieu du magasin, et tu as eu l’impression que tout le monde te regardait. Puis ça a recommencé le lendemain, pour une chaussette. À deux ans, les colères ne sont pas un raté d’éducation : elles arrivent parce qu’il lui manque encore quelque chose pour faire autrement. Voilà ce que disent les sources officielles françaises — et ce qu’elles ne disent pas, parce que sur ce sujet, presque tout ce qui circule n’est écrit nulle part.
01 · Ce qui se passePourquoi ton enfant de 2 ans fait des colères
Se calmer tout seul, supporter une frustration sans exploser, c’est une compétence — et elle arrive tard. Santé publique France l’écrit dans ces termes :
Il faut du temps à un enfant pour apprendre à se calmer seul ou à supporter une frustration sans explosion de colère ou de tristesse. Jusqu’à 3 ou 4 ans par exemple, le cerveau d’un enfant n’est pas assez mature pour cela. Il en sera capable vers l’âge de 5 ou 6 ans.
1000 premiers jours (Santé publique France), « Poser des limites à son enfant », mise à jour du 10 juin 2025
Tu liras souvent, ailleurs, une explication plus savante : son « cortex préfrontal » serait immature. Cette expression n’apparaît dans aucune source officielle française destinée aux parents — ni sur le site 1000 premiers jours, ni sur ameli, ni à la Haute Autorité de santé. On s’en tient donc à la phrase ci-dessus, qui dit la même chose et qui, elle, est écrite quelque part.
02 · L’idée reçueNon, il ne te manipule pas
C’est la phrase qu’on entend le plus autour d’un enfant qui hurle : « il te teste », « il a trouvé le moyen d’obtenir ce qu’il veut ». Là encore, l’énoncé officiel est à l’opposé.
Il faut savoir que notre enfant ne cherche pas à nous embêter ou à nous manipuler.
1000 premiers jours, « Poser des limites à son enfant », mise à jour du 10 juin 2025
Ça ne veut pas dire que tout est permis. La même page précise que comprendre son émotion « ne veut pas dire qu’on va céder à toutes ses demandes ». La limite reste ; c’est la lecture de la crise qui change.
03 · Sur le momentQue faire pendant la crise
La conduite proposée tient en quelques gestes, dans cet ordre : prendre quelques secondes pour soi, respirer, prendre conscience de ses propres émotions ; essayer de se mettre à sa place pour comprendre son émotion ; lui proposer un câlin, le prendre dans ses bras. Et, une fois la crise passée seulement, chercher ensemble ce qui l’a déclenchée.

04 · Le contresensFaut-il le laisser seul se calmer ?
C’est le conseil le plus répandu, et c’est celui que Santé publique France déconseille. La confusion vient d’une autre phrase du même site, qui parle bien de mise à l’écart — mais pas de celle de l’enfant. Fais basculer le bouton ci-dessous : tout tient au sujet de la phrase.
05 · Le cadreLa fessée est interdite, mais elle n’est pas « punie par la loi »
Une colère qui dure, un soir de trop, et la main part. La loi du 10 juillet 2019 a changé quelque chose à cette situation — mais pas ce qu’on lit partout. Elle n’a pas créé de délit : elle a ajouté une phrase au Code civil. Les trois volets ci-dessous, du plus ancien au plus récent.
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Les infractions pénales qui protègent l’enfant — les violences sur un mineur de quinze ans, notamment — existaient avant 2019. Elles n’ont pas été créées par cette loi, et elles n’ont pas bougé.
Code pénal, dispositions antérieures · analyse du CERDACC (Université de Haute-Alsace)
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L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques.
Code civil, article 371–1, alinéa 3 — ajouté par la loi n° 2019–721 du 10 juillet 2019 · version en vigueur depuis le 21 février 2024, vérifiée sur Legifrance -
aucune nouvelle sanction pénale n’est insérée dans la loi
Le texte pose un principe : il peut être pris en compte quand un juge civil se prononce sur l’exercice de l’autorité parentale, et il est lu aux mariages en mairie. Écrire « la fessée est punie par la loi » est donc faux.
CERDACC, Journal des accidents et des catastrophes, I. Corpart
Et si c’est toi qui sens monter quelque chose, il existe une consigne officielle, celle du bouton « Le parent s’écarte » un peu plus haut. Elle est faite pour ce moment-là.
06 · Le recoursQuand en parler à un professionnel, et à qui
Tu chercheras peut-être un seuil : combien de temps, combien de fois par jour. Aucune source officielle française n’en publie. Le seul chiffre qui existe — « plus de six mois » — sert à décrire un trouble du comportement chez un enfant plus grand, pas à mesurer la colère d’un enfant de deux ans. Ce qui est écrit, en revanche, c’est vers qui te tourner, et ça dépend de son âge.
07 · FAQLes questions qu’on se pose
Aucune source officielle française ne donne d’âge de fin. Ce qui est écrit, c’est le moment où l’enfant devient capable de se calmer seul : « vers l’âge de 5 ou 6 ans », selon Santé publique France. Une autre page du même site retient « jusqu’à 5–6 ans » — l’écart existe, il n’est pas tranché.
Aucune source institutionnelle française ne recommande le coin, l’isolement ou le « time-out ». La page de référence de Santé publique France écrit l’inverse : mieux vaut éviter de le gronder ou de le laisser pleurer et se calmer seul.
La CAF, dans son magazine Vies de famille, écrit que ces comportements « sont normaux et ne sont pas dramatiques ». Il n’existe ni seuil de durée ni seuil de fréquence dans les sources françaises : si quelque chose t’inquiète, c’est le médecin de ton enfant ou la PMI qui regardent la situation dans son ensemble, pas un chronomètre.
Santé publique France prévoit ce moment : si on sent monter de la colère ou de la violence, on met son enfant en sécurité — dans son parc, son lit, sa chambre — et on s’isole pour se calmer. C’est la seule mise à l’écart que les textes décrivent, et elle concerne l’adulte.
Le dispositif Mon soutien psy est accessible dès 3 ans : jusqu’à 12 séances par année civile, 50 € la séance, remboursées à 60 % par l’Assurance Maladie, le reste par la complémentaire, et l’accès direct est possible. Avant 3 ans, l’orientation se fait vers la PMI ou le centre médico-psychologique, qui sont gratuits.
- Santé publique France, 1000 premiers jours, « Poser des limites à son enfant », mise à jour du 10 juin 2025.
- Santé publique France, 1000 premiers jours, « Les violences éducatives », mise à jour du 11 juillet 2025.
- Santé publique France, 1000 premiers jours, « Les pleurs de bébé », mise à jour du 30 janvier 2026.
- Assurance Maladie, « Les troubles en rapport avec le comportement de l’enfant », mise à jour du 12 janvier 2026.
- Assurance Maladie, « Mon soutien psy », mise à jour du 16 septembre 2026.
- Caisse nationale des allocations familiales, Vies de famille, « Le “terrible two”, qu’est-ce que c’est ? », 30 octobre 2025.
- Code civil, article 371–1, version en vigueur depuis le 21 février 2024 — alinéa 3 ajouté par la loi n° 2019–721 du 10 juillet 2019 relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires.
- Fondation pour l’Enfance, Allo parents bébé.
